Tag Archives: Afrique

Internet : Microsoft lance ses datacenters Azure en Afrique

Pour le déploiement pour la première fois en Afrique de ses datacenter Azure, le groupe américain d’informatique Microsoft a choisi l’Afrique du Sud, notamment les villes de Cape Town et Johannesburg qui devront abriter chacun un datacenter. Alors que ce déploiement était initialement prévu en 2019, le projet aura donc accusé quelques mois de retard. Pour une première exploitation, ces datacenters devront offrir des services Azure. A partir du troisième trimestre, ils proposeront Office 365. Enfin, au cours du quatrième trimestre, ce sera la solution Dynamic 365 (ERP et CRM) qui sera proposée

MTN mobile money

MTN s’associe au chinois Huawei pour booster l’offre numérique en Afrique

L’opérateur de télécommunications sud-africain MTN a annoncé s’être associé au géant chinois Huawei dans le cadre d’un protocole d’accord dont l’objectif est de fournir de meilleurs services numériques sur le marché africain. De manière pratique, les deux entreprises annoncent qu’elles travailleront à développer la croissance active des données, des services multimédias enrichis, des services financiers mobiles, des entreprises et du commerce de gros de la coopération traditionnelle en matière de services voix et données.

Afrique : la Blockchain est-elle une réelle innovation de rupture pour les gouvernements ?

La technologie dites des « chaînes de blocs » ou blockchain commence à émerger en Afrique. Durant ces dernières années, plusieurs secteurs d’activités comme la finance (crypto monnaie), l’agriculture, le cadastre et la bonne gouvernance ont introduit la blockchain dans leur processus de gestion. Entre adoption et résistance au changement, la blockchain effectue ses premiers pas en Afrique.

Sénégal : Sonatel Academy revendique un taux de réussite de plus de 97 % pour sa première promotion

La cérémonie officielle de remise des diplômes de la première cohorte de l’école de codage mise en place par l’opérateur historique, dénommée Sonatel Academy, a eu lieu mardi à Dakar. Le directeur en a profité pour vanter les mérites de ses apprenants. A en croire Daouda Diouf, un taux de réussite de 97,83 % et une moyenne supérieure à 15 ont été enregistrés suite aux examens. Les filles ont battu le record de réussite avec un taux de 100% (14 admises sur 14 candidates). Toutefois, il y a eu des candidats (4 au total) qui ont décroché en cours de formation, ce qui a fait qu’il n’en restait que 46 au total.

Côté insertion professionnelle, puisque c’est la principale finalité, Monsieur Diouf et son équipe font état de 63 % de sorties positives au terme des placements en stage facilités par la cellule post-formation de Sonatel Academy. La première promotion de la Sonatel Academy porte le nom de l’ex – directeur général Alioune Ndiaye, aujourd’hui directeur exécutif d’Orange Middle -East and Africa. Cette première cohorte a démarré ses cours en novembre 2017 avec l’objectif de sortir diplômée 2018 avec un curriculum de 840 heures suivi d’un stage de validation des compétences de 140 heures en entreprise.

« Sonatel Academy est une initiative majeure puisque c’est la première école de codage gratuite au Sénégal et dans la sous-région qui nous permet, nous, de former des jeunes, sans emploi ou étudiants, aux métiers techniques du numérique pour les aider à s’insérer dans le marché du travail, mais également, pour ceux qui en ont le souhait, peut-être à se lancer eux-mêmes et à lancer leur propre start-up », a réagi Sékou Dramé, directeur général de Sonatel.

Elimane

Début d’une campagne contre la censure d’Internet au Tchad

Une campagne dénommée « Maala Gatetou » (pourquoi vous avez coupé) contre la censure d’Internet est lancée, samedi à N’Djamena, par Internet sans frontières section du Tchad pour dénoncer la censure des réseaux sociaux imposée depuis mars 2018 sur l’ensemble du territoire national.
Le représentant de l’Internet sans frontière au Tchad Dariustone Blaise, a déclaré que cette première action vise à organiser une manifestation en ligne ce samedi au Tchad, justifiant qu’aujourd’hui il est difficile d’organiser une manifestation sur le terrain car, a-t-il dit, les autorités tchadiennes refusent systématiquement.

M. Blaise a souligné que cette manifestation en ligne consiste à écrire un message de mécontentement sur les réseaux sociaux pour dénoncer la censure de l’internet depuis bientôt un an au Tchad.

En réponse à cet appel, beaucoup d’internautes tchadiens ont adressé des messages aux autorités tchadiennes en interpellant directement le président Déby avec des phrases comme « monsieur le président, pourquoi vous avez coupé Internet pour nous » ou encore « libérez-nous les réseaux sociaux ».

Depuis mars 2018, l’accès aux réseaux sociaux se fait obligatoirement par le système VPN. Malgré un procès intenté contre les sociétés de téléphonie mobile, dont le verdict a été rendu en faveur du gouvernement, rien n’a changé.

APA

Ouattara Abou Sié

Côte d’Ivoire: « pas de taxe sur les transferts d’argent » dans l’annexe fiscale 2019 (DG des impôts)

L’annexe fiscale 2019 en Côte d’Ivoire ne comporte « pas de taxe sur les transferts d’argent », a dit jeudi le directeur général des impôts, Ouattara Abou Sié, indiquant que la taxe spécifique exigible aux sociétés de téléphonie et aux entreprises de transferts d’argent demeure.

« La taxe spécifique sur les téléphonies, la télécommunication téléphonique et les technologies de l’information (Internet…), est à la charge de l’émetteur, du fournisseur d’accès, et elle demeure applicable, mais ce n’est pas sur les transferts d’argent », a expliqué Abou Sié Ouattara face à la presse.  

M. Ouattara qui affirme avoir entendu depuis la promulgation de l’annexe fiscale 2019 et lu que « la taxe sur les transferts d’argent aurait été retirée », a fait savoir qu’ « elle n’a jamais été introduite dans l’annexe fiscale 2019 » et « n’est pas passée à l’Assemblée nationale ».   

 La taxe sur les activités de téléphonie, soulignera-t-il, est « une revue technique ». Et ce, après un « contentieux » en 2018 avec les entreprises du secteur de la téléphonie. Cette imposition « était supposée s’appliquer à l’ensemble des activités réalisées par les entreprises de téléphonie ».

Toutefois, s’est-il trouvé que ces entreprises ont « estimé à tort ou à raison que les activités qui n’étaient pas directement liées à l’opération de téléphonie (notamment les transferts d’argent) ne devraient pas être soumises à la taxe », a-t-il poursuivi.

Cependant, « dans l’entendement de la direction générale des impôts, même l’activité de transfert d’argent se réalise à travers l’outil des téléphones ». Pour ainsi mettre fin aux « contestations », le texte a été nouvellement rédigé en précisant le champ de la taxe sur les activités de téléphonie.

Selon le directeur général des impôts, la taxe spécifique sur les activités de téléphonie « s’applique bel et bien à l’ensemble du chiffre d’affaires réalisé par l’opérateur de téléphonie sans distinction des branches à l’intérieure ». 

Le texte dans sa rédaction initiale mentionne que « la taxe est assise sur les activités de téléphonie », a-t-il insisté. Or, pour  les acteurs du secteur, les activités de transfert d’argent n’étaient pas soumises à cette imposition, ce qui a créé « quelques contentieux avec les entreprises de téléphonie».

Les transactions financières quotidiennes via mobile money représentent un volume de plus de 17 milliards FCFA en Côte d’Ivoire.

APA

Burkina Faso : Orange décroche la première licence 4G pour 40 milliards de francs CFA

La filiale locale de l’opérateur français a annoncé avoir acquis la première licence 4G du pays pour 40 milliards de FCFA sur une durée de 15 ans. Par la même occasion, Orange Burkina a renouvelé, et pour le même montant, ses licences 2G et 3G, confortant ainsi sa position de leader sur le marché burkinabé.

L’opérateur télécoms Orange Burkina sera le premier réseau à déployer la 4G dans le pays. L’entreprise a annoncé en effet avoir acquis, le mardi 15 janvier, la première licence 4G du pays pour un montant de 40 milliards Fcfa et pour une période de 15 ans. Parallèlement, Orange Burkina a renouvelé ses licences 2G et 3G pour 40 autres milliards de Fcfa. A cette occasion, une cérémonie solennelle a été organisée, dans la même journée, pour marquer la signature de l’accord et la remise de l’arrêté officiel d’attribution d’une licence individuelle technologiquement neutre pour l’établissement et l’exploitation de réseau de communications électroniques à Orange-Burkina.

« C’est une nouvelle aventure qui commence pour les clients de Orange et les consommateurs de communication électronique. Cela va donner un coup d’accélérateur au processus de digitalisation de notre pays », a souligné Hadja Fatimata Ouattara, ministre de l’Economie numérique et des postes, en donnant pour exemple les multiples plateformes intelligentes qui pourront être désormais facilement accessibles, notamment le système e-éducation.

Des sentiments partagés par le directeur général d’Orange-Burkina, Ben Cheick Haïdara, pour qui « cette nouvelle technologie sur l’Internet va répondre aux besoins sans cesse croissants des clients, et apportera indiscutablement un changement majeur dans l’écosystème de la téléphonie au Burkina ».

Le DG d’Orange Burkina s’est engagé au respect des cahiers des charges, en déclarant notamment : « Nous n’avons que des obligations de qualité et de couverture sur des services précis. Nous allons tout faire pour satisfaire l’ensemble de nos usagers suivant les différents segments du marché par les différentes technologies à notre disposition ».

Du cash et plus de débit

C’est au total 80 milliards de Fcfa qui vont dans les caisses du Trésor burkinabé à la suite de cette opération. Selon les explications des responsables, 40 milliards ont été déjà déboursés par Orange Burkina et le reste sera débloqué en deux tranches qui seront prochainement payées au profit de l’Etat. A travers l’introduction de la 4G, le Burkina rattrape également son retard en matière d’Internet haut débit comme l’a relevé Tontama Charles Millogo, président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).

« Nous sommes l’un des rares pays qui n’avait pas cette technologie et on se réjouit de pouvoir très bientôt l’exploiter et d’offrir des services de hautes factures aux populations », s’est félicité le président du régulateur burkinabé du secteur des télécommunications.

Depuis son arrivée en 2016 sur le marché burkinabé, à travers le rachat de Airtel Burkina, la filiale locale d’Orange s’est progressivement imposée comme le leader de l’Internet mobile, une place qu’il a ravie à Onatel, filiale du groupe Maroc Télécom.

Aboubacar Yacouba Barma
La Tribune Afrique

Tchad : Internet sans Frontières annonce cinq mois de protestation contre la censure d’Internet

Plus de deux ans années après le blocage par le gouvernement tchadien de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux, l’organisation international Internet sans Frontières (ISF) annonce une série d’actions de protestation qui s’étendra du 19 janvier au 19 juin 2019. Soit cinq mois de bataille.

Dans un communiqué publié le 14 janvier 2019, ISF a expliqué que ces actions qui seront adossées à une campagne internationale diffusée en ligne et hors ligne, démarrera par des manifestations à Paris et à N’Djamena. ISF souligne qu’il est aussi envisagé une levée de fonds pour financer des accès VPN pour les internautes tchadiens, ainsi que des discussions sur les réseaux sociaux autour du hashtag #MaallaGatétou qui signifie « pourquoi avez-vous coupé », en arabe tchadien.

Selon ISF, le Tchad figure actuellement parmi les pires États du monde pour ce qui est du respect des droits numériques. D’après Abdelkerim Yacoub Koundougoumi (photo), le responsable Afrique centrale d’ISF, « les droits numériques des Tchadiens demeurent systématiquement bafoués. Les actions en justice devant des juridictions nationales et internationales n’ont pas permis de rétablir les droits des citoyens d’accéder à un Internet libre, ouvert et à un prix raisonnable. La cyber-brutalité et le verrouillage de l’espace numérique par les autorités tchadiennes démontrent clairement la montée des pratiques autoritaires sur Internet. Si rien n’est fait, les bienfaits d’Internet pour le progrès démocratique dans le monde, notamment en Afrique, seront réduits à néant ».

ISF estime que depuis la réélection contestée en avril 2016 du président Idriss Déby, plus de 400 000 internautes tchadiens sont régulièrement privés d’un accès normal à Internet et aux réseaux sociaux pour des raisons politiques, auquel s’ajoute « le coût exorbitant d’accès à Internet, et la qualité médiocre de la connexion, imposés par les compagnies de télécommunications ».

Source : Agence Ecofin

(Source : La Tribune

Télécoms : Libon, l’application qui révolutionne les appels des diasporas africaines

Depuis qu’il a repris Libon des mains du groupe Orange, Julien Hodara, un entrepreneur français de 44 ans, conquiert -avec son application mobile- les diasporas du monde entier adeptes des communications téléphoniques conventionnelles. Et l’Afrique n’est pas en reste.

Depuis un smartphone, via une simple application rechargeable, appeler les lignes téléphoniques fixes et mobiles vers 140 pays à travers le monde dont une trentaine en Afrique. Particularité : seul le temps de parole est facturé. Précision de taille que tient à apporter Julien Hodara, 44 ans, CEO de Libon, la startup qui gère l’application éponyme.

Élimination des coûts cachés

« Ce que nous faisons, c’est rendre les appels téléphoniques normaux plus faciles d’accès. Ce n’est pas cher et c’est de bonne qualité. L’utilisateur n’a pas besoin de changer de carte SIM ou de changer d’opérateur pour bénéficier de nos tarifs… », explique-t-il dans un entretien avec La Tribune Afrique.

Sur Libon en effet, la minute d’un appel international est facturée généralement entre 0,11 euro et 0,17 euro, quand un appel international via les opérateurs de télécommunications en France notamment va généralement bien au-delà de 1 euro. Une tarification qui s’explique notamment par l’existence de coûts cachés, ce que Libon arrive à éviter en passant par internet.

D’internet aux lignes conventionnelles

Autre point fort de cette application, « celui qui a internet peut appeler celui qui n’a pas internet », précise également Hodara. Pour cet ingénieur informaticien et business administrator devenu entrepreneur, l’objectif est donc non seulement de palier au dictat des applications mobiles dominantes, comme Whatsapp ou Messenger, qui conditionnent l’émission et la réception d’un appel par la détention mutuelle de ladite application et la connexion mutuelle à internet, mais aussi palier à la problématique de l’accessibilité à internet dans certaines contrées en Afrique notamment. « La famille au village n’a donc besoin ni d’internet, ni de l’application Libon sur son téléphone », appuie Hodara.

A la base, Libon naît en 2012 dans les ateliers de l’unité Recherche et développement (R&D) d’Orange Valley, filiale du géant français des télécoms. L’idée de départ est simplement de démontrer qu’il est possible d’établir des télécommunications sans infrastructures propres. L’application est testée avec succès aux Etats-Unis où Orange est absent. De fil en aiguille, les ingénieurs l’étoffent. Mais celle-ci -ne rentrant pas dans le cœur de cible du groupe français- restera dans le domaine de la recherche.

Alors en poste chez Orange Valley en tant que Chief of Staff auprès du président, Julien Hodara décèle le potentiel de cette application particulièrement pour les diasporas et se propose en repreneur. « Nous avons alors tenté de mieux cerner les appels internationaux, en nous mettant à la place du client. Nous avons découvert que c’est un univers très complexe, qu’il y avait pleins de coûts cachés et de zones grises … », explique le CEO de Libon. C’est ainsi qu’avec son équipe, ils ont pu définir le positionnement de l’application.

L’Afrique, un marché « stratégique »

Après un temps dans le portefeuille entreprises du groupe Orange, Libon en est désormais un spin-off. Depuis août 2018 en effet, la startup est totalement indépendante et fonctionne avec une nouvelle équipe. Une récente levée de fonds de 1,8 million d’euros lui a permis de lancer une nouvelle étape de son développement : la vente de recharge en cash, en France. La jeune pousse ambitionne de porter à 10 000 le nombre de points de vente dans l’Hexagone d’ici la fin de l’année. Prochaine étape selon son patron : Etats-Unis et Canada, puis l’Afrique.

« Le plan de développement Afrique sera lancé cette année. Pour l’instant, les recharges en cash n’y sont pas encore disponibles, mais nous y travaillons. Nous avons déjà quelques personnes sur le terrain », confie Hodara.

D’ailleurs, Libon déploie récemment son offre en Afrique et compte de plus en plus d’utilisateurs issus des diasporas locales. « A titre d’exemple des Burkinabè -présents en forte communauté en Côte d’Ivoire- appellent actuellement le Burkina Faso depuis la Côte d’Ivoire via Libon », cite l’entrepreneur, ajoutant qu’en attendant l’arrivée des recharges en cash, les utilisateurs de Libon sur le Continent recharge leur via Orange grâce aux partenariats de la startup avec le géant français des télécoms. Dans son plan de développement justement, la startup compte mettre un accent particulier sur le pays des Éléphants. « Considéré comme un berceau de la migration, la Côte d’Ivoire est un marché stratégique pour nous », argue-t-il.

Avec la montée de la concurrence ces dernières années, les opérateurs de téléphonie mobile en Afrique ont fait de gros efforts, proposant parfois la minute d’un appel international à environ 0,38 euro en moyenne ainsi que des pass internationaux encore moins onéreux sur certaines destinations.

Mais considérant son offre encore plus attractive, Libon entend être une alternative aux réalités d’Internet en Afrique. Car bien qu’Internet y croisse rapidement, seul 24,4% des 1,216 milliard d’habitants avaient à internet en 2018 selon l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). A cela, Julien Hodara ajoute que le plan de développement de Libon n’exclut pas l’étude d’une tarification propre au marché africain.

Jusqu’ici, tout marche à merveille pour la jeune pousse. En termes de rentabilité, quatre mois après avoir pris son indépendance totale du groupe Orange -qui reste un partenaire-, les performances sont au top. Libon totalise à ce jour environ 100 000 utilisateurs payants à travers le monde, selon son patron. « La première année où nous avons racheté Libon, l’objectif était de la rendre complètement indépendante au 31 décembre et qu’elle respecte le business plan qui a été présenté aux investisseurs et pour l’instant c’est le cas. Notre chiffre d’affaires ne cesse de croître au fil des mois », se réjouit Hodara qui préfère encore « pour l’instant la discrétion » sur les chiffres. La startup s’est donnée 24 mois pour rentabiliser son investissement et pour ce faire, espère susciter davantage l’intérêt des diasporas africaines, où qu’elles soient.

Ristel Tchounand

Source : La Tribune

« Eclairer et connecter l’Afrique, c’est notre devoir », Ange Frederick Balma, CEO & Fondateur de LIFI-LED

Passionné par les nouvelles technologies, ingénieur en informatique et en électronique, diplômé des Hautes études technologiques et aussi Certifié concepteur d’objets connectés. Expert en systèmes de sécurité et Big Data ainsi qu’en Energies Renouvelables. Il travaille pour de grands Groupes à partir de 2003. D’abord pour Ivoiris (aujourd’hui Orange Côte d’Ivoire) puis Sonoco et Thalès en qualité d’informaticien. Son dernier poste en date, il occupe chez Allo Telecom en qualité de Directeur Informatique, puis en 2008, viendra le déclic pour l’entrepreneuriat. Pour plus d’explications, Ange Frederick Balma, CEO & Fondateur de LIFI-LED, a répondu volontiers aux questions de CIO MAG.

Pouvez-vous nous faire une présentation de LIFI-LED ? Comment fonctionne cette « nouvelle » technologie ? Et quel est son débit de la connexion internet ?

Avant tout propos, je tiens à vous remercier pour cette lucarne que vous m’offrez à travers cette parution dans votre prestigieux magazine. LIFI-LED est constituée officiellement depuis octobre 2014, LIFI-LED SARL est une Société à Responsabilité Limitée. Nos activités visent d’une part, à réduire le problème du déficit énergétique et de l’accès à l’électricité pour tous, et d’autre part, à résoudre la problématique d’une connectivité à Internet haut débit. Le principe de fonctionnement de cette innovation technologique est simple : il repose sur l’envoi de données par la modulation d’amplitude des sources de lumière selon un protocole de communication sans fil afin de permettre la transmission des données entre internet, ordinateurs, Smartphones, décodeurs, etc. Ce sont ces intervalles qui permettent de transmettre des informations codées, trente fois (30) à cent fois (100) plus rapidement que les canaux existants tels que le WiFi soit 25 à 100 Mbt/s. A cette vitesse de transmission, s’ajoute la faible consommation électrique des LED couplée à la longue durée d’utilisation de celles-ci dans le temps.

Quel bilan des activités de LIFI-LED en tirez-vous depuis sa création ?

Le bilan des activités de LIFI-LED aujourd’hui est plus que satisfaisant en ce sens où cette innovation méconnue du continent africain depuis des années commence à gagner du terrain. LIFI-LED aujourd’hui c’est plus d’une trentaine de récompenses obtenues à ce jour ; plus de 8000 personnes qui nous suivent nuit et jour ; une dizaine de villages connectés en Afrique et la couverture du XVIè Sommet de la Francophonie 2016 à Antananarivo (Madagascar) ; la première station Shell (Vivo Energie) connectée au LIFI ; plus de 30.000 personnes connectées grâce au LIFI pour le moment ; des filiales en France, Burkina Faso, Libéria, RDC, Cameroun, Togo, Ghana, etc. en cours d’ouverture en Afrique ; une expansion à travers l’Afrique et des milliers de villages bientôt connectés en Afrique. Etant satisfait de ce bilan, nous travaillons à impacter toute l’Afrique car nos déploiements se poursuivent en Afrique pour la réduction de la fracture numérique et du déficit énergétique car éclairer et connecter l’Afrique, c’est notre devoir !

Quels sont les pays où votre produit est commercialisé ?

Nos services sont aujourd’hui disponibles dans plus de 5 pays de la sous-région à savoir la Cote d’Ivoire, le Burkina Faso, le Libéria, le Niger et bientôt le Cameroun, le Congo, le Ghana, le Sénégal, Madagascar et la France et d’ici 2020 nous seront présent sur l’ensemble du continent africain.

Quatre ans après son lancement, quel est le chiffre d’affaires de l’entreprise LIFI –LED ?

Après quatre (04) années d’existence, LIFI-LED aujourd’hui a un chiffre d’affaires de plus de 200.000 € avec d’énormes projets en cours de réalisation à l’international qui vont lui permettre de tripler voir quadrupler ce chiffre d’affaires à l’horizon 2020.

Quel est intérêt d’utiliser une telle technologie ?

Avec notre solution, nous résolvons deux problèmes majeurs en Afrique à savoir la fracture numérique et le déficit énergétique. En effet, il convient de préciser qu’en Afrique plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité et que seulement 30% de la population africaine a accès à l’Internet haut débit, cela demeure une véritable problématique à laquelle nous voulons répondre. Avec cette solution capable à la fois d’éclairer et connecter, partout où il y a de la lumière nous pouvons envoyer de l’internet afin de connecter toutes les zones enclavées de notre continent. Ainsi, notre innovation à point nommé dans un continent ou l’envie d’atteindre l’émergence véritable passe obligatoirement par l’innovation numérique.

Quel sont vos perspectives pour 2019 ?

Pour 2019, nous finaliserons notre levée de fonds avec nos partenaires internationaux afin de commencer la construction de notre usine en zone franche au VITIB Sa. Nous venons d’obtenir l’agrément permettant au projet de s’installer dans la Zone franche du VITIB à Grand-Bassam. Nous prévoyons, la construction d’une usine pour la fabrication et les montages des LED et des bornes Lifi. Nous prévoyons équiper 4000 villages en Côte d’Ivoire d’ici 2021 sur un projet avec la FENOPJERCI et la BAD. Nous sommes en ce moment sur la finalisation de l’ouverture de notre filiale en France et dans plusieurs pays de l’Afrique.

Quels sont vos partenaires privilégiés ?

Etant les seuls dans un domaine qui n’est pas encore répandu en Afrique et ayant remporté plusieurs prix et distinctions internationales, nous bénéficions à ce jour de plusieurs partenaires privilégiés tels que Business France, la French Tech Abidjan, le CDC, la Banque Africaine de Développement, l’USAID, l’AFD et PROPARCO, la Banque Européenne d’Investissement, le Ministère de l’Economie Numérique et de la Poste, la Fondation Tony Elumelu, la CGECI et pleins d’autres partenaires.

Quels sont les prix décernés à votre entreprise ?

Notre travail acharné pour l’amélioration de la vie des populations nous a permis de remporter plusieurs prix et distinctions aussi bien en Afrique qu’à l’international. Prix IT FORUM DSI CIO. Prix NTIC CGECI ACADEMY. Prix de la Fondation Jeunesse Numérique. Prix French Tech Abidjan. Prix l’entreprise innovante à fort potentialité du VITIB. Prix Africa 2.0. 2ème prix X-Forum Afrique au Polytechnique de Paris. Prix National d’Excellence Meilleure Innovation numérique de la Présidence de la République. Prix SEEDSTARS WORLD 2015. Prix Youth Start Up Microsoft & ONUDI. Prix TONY ELUMELU Entreprenership Program 2015.

Existe-t-il des relations entre le ministère de l’économie numérique de Côte d’Ivoire et votre entreprise ?

Il existe de très bonnes relations entre le Ministère de l’économie numérique et LIFI-LED car depuis plus de deux (02) années, ma startup a été parmi la première promotion de l’incubateur de notre ministère de tutelle à savoir la Fondation Jeunesse Numérique. A cet effet, nous bénéficions depuis lors, d’un accompagnement particulier qui nous a permis de recevoir sur proposition de ce ministère le Prix national d’excellence 2017 de la meilleure innovation technologique de Cote d’Ivoire, récompense décernée par notre président Son Excellence Monsieur Alassane Dramane Ouattara.

Quel est le challenge de Monsieur Ange Frederick Balma pour l’Afrique ?

Nous prévoyons déployer notre solution dans toute l’Afrique afin de faire de toutes les villes africaines des villes intelligentes connectées à travers le monde. Nous voulons que dans quelques années, les prochaines statistiques de la BAD annoncent une baisse considérable du taux d’électrification et de connectivité en Afrique afin que notre continent puisse atteindre cette émergence longtemps attendue ! Eclairer et connecter l’Afrique, c’est notre devoir !

Entretien réalisé par Youcef Maallemi

Source : CIO Mg