Sécurité informatique: Un métier prometteur, mais encore méconnu au Maroc

Sécurité informatique: Un métier prometteur, mais encore méconnu au Maroc
37% des femmes et 23% des hommes n’en ont jamais entendu parler
Evolution de carrière, forte employabilité et salaire attractif, sont les atouts qui ressortent
Un métier masculin selon les perceptions des sondés

Le coût des cyberattaques augmente constamment chaque année. Sur les 12 derniers mois, il a enregistré une hausse moyenne de 30%. Cela est encore plus coûteux pour les grandes entreprises. A elles seules, elles ont perdu 1,23 million de dollars suite au piratage des données, soit 24% de plus en un an. Pour les PME, il a atteint les 120.000 dollars en 2018 (+37%).

Au Maroc, la donne est pareille. «Les comportements des professionnels marocains sont de nature à exacerber le risque et la prévalence des virus et autres malwares menaçant les entreprises», relève Pascal Naudin, directeur des ventes BtoB de Kaspersky en Afrique du Nord.

En effet, selon une enquête réalisée en 2017 par le groupe, plus de 2 salariés marocains sur 10 affirment que leur entité a déjà été affectée par les menaces informatiques. Elles ont été attaquées par des virus (63%), des logiciels malveillants (21,4%), et la perte de données (16,9%).

«Il est donc important de sensibiliser davantage au rôle majeur de la sécurité informatique. Cela passe, notamment, par des cursus de formation reconnus qui comblent le manque de ressources qualifiées sur le marché», souligne Pascal Naudin.

Selon l’étude réalisée en octobre dernier par Kaspersky Lab et le cabinet Averty, 95% des répondants déclarent que la sécurité informatique est importante pour une entreprise. 7 femmes sur 10 considèrent que ce métier est intéressant au Maroc, contre 80% chez les hommes.

Cela découle de la forte attractivité des métiers de l’IT ces dernières années. En effet, l’informatique, les télécoms et le web sont classés comme étant les filières d’études les plus intéressantes par 43% des sondés. Elles sont suivies du marketing et de la communication (36%), et du commerce (31%).

En revanche, la cybersécurité arrive seulement en 10e position, avec un écart de sept points entre les hommes (25%) et les femmes (18%). «Nous pouvons expliquer cela par la méconnaissance du métier auprès des Marocains», explique le management d’Averty. Plus du tiers des femmes sondées disent n’en avoir jamais entendu parler, contre près du quart chez les hommes. 40% de ceux qui affirment avoir déjà entendu parler du métier de cybersécurité ont un proche qui l’exerce et qui les inspire par la même occasion. Dans 85% des cas, il s’agit d’un homme.

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Plus de 85% des personnes sondées sont certaines que la sécurité informatique est un métier d’avenir dans le pays. Seules 3% d’entre elles ne semblent pas du tout confiantes

Près de la moitié des répondants affirment que l’élan d’intérêt porté pour le métier repose essentiellement sur l’évolution de carrière qu’il offre, suivie de la demande des ressources sur le marché (40%), et la rémunération (35%). Ce dernier facteur est plus cité par les hommes (39%) que les femmes (29%). Elles sont, pour la plupart, habituées à percevoir un salaire inférieur de 25% de celui de leurs homologues masculins.

D’un autre point de vue, les personnes qui portent peu d’intérêt au métier attribuent cela à une faible employabilité (40%), au manque de compétences requises (36%), à l’absence de formation qualifiante adéquate (30%), et pour finir à la rémunération insatisfaisante (19%).

L’enquête révèle d’autres enseignements sur les avis des Marocains quant au choix de leurs études. Plus du tiers choisissent leur filière en suivant leur passion, 31% se réfèrent à des recherches personnelles, 19% préfèrent être conseillés par leurs proches, ou par leurs professeurs (14%). Pour ce qui est du cursus, là encore, c’est la passion qui l’emporte (33%). Viennent après les opportunités d’emploi (25%) et l’image dont bénéficie le métier au sein de la société (18%). En quatrième position, on retrouve la rémunération (13%).

Par ailleurs, 3 répondants sur 10 déclarent ne pas exercer dans le domaine de leur formation. Pour cause, le manque d’opportunités dans leur domaine (51%), la découverte d’un métier plus intéressant (29%),  et un salaire plus attractif (20%).

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